
our rejoindre Mirlef jusque dans les années
1970, il fallait emprunter depuis Tiznit une piste coupant à travers
la montagne.
"Quatre heures de route pour une petite centaine de
kilomètres à peine, se souvient Ahmed Bourma, jeune propriétaire
d'une boutique de matériel de pêche et de location de surf,
mais,
au bout, le bonheur de pêcher, de nager et de plonger. Le
surf est venu bien après."
Mirlef, hameau de
pêcheurs, ne comptait à cette époque qu'une allée à arcades
carrelées sous lesquelles se distribuaient café, hôtel, épicerie,
volailler et boucherie, construite après le départ des Français.
Etrange et fascinante rue, circonscrite à une centaine de mètres,
établie au milieu de nulle part, si ce n'est au bas d'une colline
surmontée d'un fort aux allures de citadelle abandonnée.
Jimi Hendrix s'y établit quelques semaines au cours de l'année
1964 avant de remonter à Essaouira, à 300 km au nord. Mirlef depuis
s'est développée et a pris des allures de village éclaté. Mais son
coeur de hameau, contenu dans cette allée en suspension et cette
citadelle en vigie silencieuse, demeure. Tranquillité d'un d'îlot
d'habitations, bâti entre montagne, falaises, criques et plages de
sable fin et pâle, avec l'océan en contrepoint et les appels du
muezzin en point de résonance.
Mirlef attache et déroute par ses silences, ses jeux d'ombre et
de lumière et une nature sauvage où, entre mer et terre, le désir
d'aller balance. Pêche et surf (Mirlef est un des spots les plus
réputés avec ceux s'étirant le long de la côte après Tan Tan) en
font un port d'ancrage. Plongées, bains de mer et randonnées
aussi.
Les retraites perçues d'Europe, la pêche et le tourisme assurent
d'ailleurs le revenu de sa population. La douceur de l'air, qui
prévaut ici à l'année, renvoie à une douceur de vivre à décrypter
cependant, en alternant mer et terre dans l'appréhension de ses
territoires identitaires et affectifs.